Chambre à part - Bas de laine ou pot commun ? (III)

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Avez-vous remarqué, au milieu du chantier de l’une ou l’autre rue genevoise, la récente publicité de la banque cantonale ? Cette dernière m’a sauté aux yeux et m’a fait bondir aussitôt.

 

 

La « pyramide financière » de la BCGE renvoie à deux tétraèdres bien connus : la pyramide alimentaire, et celle des besoins de Maslow. Comme elles, l’édifice financier obéit à la logique de l’ascenseur : pour gravir les étages, il faut passer par chaque pallier en partant depuis le bas. Exemple : dans l’idéal, seul qui a bu (et mangé ses cinq fruits et légumes quotidiens) croquera un gâteau et la cerise dessus (au fait, ça compte comme fruit ?). Et l’on peut imaginer que l’être humain ait à cœur – à corps – de satisfaire ses besoins physiologiques en buvant et mangeant (ce qu’il peut !) avant de se préoccuper de son besoin d’accomplissement.

 

 

La pyramide financière, elle, compte quatre étages : au rez, les liquidités (logique, c’est l’étage des boissons dans sa jumelle alimentaire !), au premier, l’épargne, au second, la prévoyance et au sommet, le placement. C’est là que le haut blesse : car le pseudo « besoin » de placement a un caractère moins pressant que la nécessité biologique de manger, fût-ce des graisses, ou même d’être estimé-e !

 

 

Certes, les besoins alimentaires et humains ne sont, hélas, pas davantage comblés que les besoins financiers à l’échelle planétaire. Mais, si l’on a toutes et tous besoin de liquidités, a-t-on vraiment besoin, comme le suggère la brochure explicative de la banque, de « consacrer les éléments mobiliers supplémentaires à une stratégie de placement sûre » pour « dynamiser son patrimoine » ? Encore faut-il disposer d’ « éléments mobiliers » en trop et d’un patrimoine, fût-il mou !

 

 

En plus, le côté « bon docteur » est un rien culpabilisant, et stigmatisant au possible. « Il faudrait tendre vers les recommandations suivantes » pour un modèle de finances saines : trois-quatre salaires sur le compte d’épargne, un troisième pilier bien fourni et « investir le surplus de la fortune dans des solutions d’investissement ».  Et comment faire quand on ne peut pas? Quelles sont alors les « solutions » ?

 

 

Sans aucun doute, c’est moi qui le dis : redistribuer davantage le « surplus de la fortune » et renforcer les assurances sociales. Bref, plutôt que créer des besoins toujours plus élevés et purement individuels, consolider la solidarité de base. Sans oublier qu’il est possible, et heureusement, d’avoir un « train de vie confortable » aussi sans portefeuille d’actions !

 

 

Mais laissons le mot de la fin à la Banque cantonale genevoise : « la finance, comme la médecine, progresse », dit-elle encore dans sa brochure. Nous aurons pu le constater au cours des deux dernières années…

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Liliane Maury Pasquier et Maria Roth Bernasconi

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La chronique à quatre mains de Maria Roth-Bernasconi et Liliane Maury Pasquier

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L'interview de Liliane Maury Pasquier

 

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

 Margareth Thatcher.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

Christoph Blocher.

 

Le plus grand préjugé sur les femmes?

Qu’elles sont forcément moins compétentes que les hommes.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes?

Qu’ils sont forcément plus compétents que les femmes.

 

Devise préférée?

« Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous. » (Montesquieu)

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

Réparer mon vélo, anticiper, voir sans lunettes.

 

Vos prochaines vacances?

Une escapade à deux en France, après les élections.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

 A la Renaissance, au 16e siècle, pour retrouver le foisonnement créatif si bien rendu dans les livres d’Anne Cunéo (Le Trajet d’une rivière, Objets de splendeur, Un monde de mots).

 

Si vous étiez un objet?

Un livre (ouvert, bien sûr!).

 

Votre péché mignon?

Une bonne tablette de chocolat extra-noir avec des éclats de caramel salé.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir?

De bons yeux, tu sais (j'aurais aimé ne pas devoir porter des lunettes depuis l’âge de 4 ans!).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?

Martin Luther King, Simone de Beauvoir et Montaigne.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Passer une journée en pyjama.

 

Votre lecture en ce moment?

Divers quotidiens, hebdomadaires et autres rapports!

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre?

Parler l’espagnol, perfectionner mes danses bretonnes, cuisiner plein de nouvelles recettes.

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?

En Bretagne, à Montréal, en Suède.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous?

Votre voix au Conseil des Etats! 

 

 

L'interview de Maria Roth-Bernasconi

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

La femme de Kadhafi.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

Outre évidemment Kadhafi, Christophe Mörgeli, un affreux UDC suisse

 

Le plus grand préjugé sur les femmes? 

Qu’elles sont émotives plutôt que rationnelles.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes? 

Qu’ils sont forts et ont tous envie de faire carrière sans tenir compte de leur vie familiale.

 

Devise préférée? 

« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore » (Anatole France).

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

 Réparer des prises électriques, lire des documents et écouter de la musique en même temps, lire les plans de réseaux et les affichages des Transports publics genevois (c’est écrit beaucoup trop petit et j’ai une mauvais vue!).

 

Vos prochaines vacances?

 Le 24 octobre (lendemain des élections fédérales): mon mari m’invite quelques jours en Alsace.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

A la fin des années 1970, après 1971 (date du droit de vote et d’éligibilité des femmes en Suisse!). Les années peace and love...

 

Si vous étiez un objet? 

Une rose, avec ses épines (forcément, je suis socialiste !).

 

Votre péché mignon? 

Le chocolat.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir? 

Une voix fantastique (j’aime chanter et rêve de chanter l’Ave Maria de Schubert, qui me touche énormément).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils? 

Rosa Luxemburg, Gandhi et Martin Luther King.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Jouer au solitaire sur mon smartphone, dans le train, le bus ou le tram.

 

Votre lecture en ce moment?

La terre des mensonges, d’Anne B. Radge, un roman norvégien à l’humour grinçant.

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre? 

Ne plus du tout me laisser atteindre par les bêtises ou méchancetés d'un adversaire politique, dessiner des caricatures de mes collègues. Et chanter, chanter, chanter…

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter? 

En Provence, car il y fait beau, chaud et la lumière est magnifique. A Paris, l'une des plus belles villes du monde. Et à Lucerne, où vit le reste de ma famille.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous? 

Une femme heureuse de pouvoir faire ce qui la passionne, et entourée d'une famille qui l'aime en toute circonstance.