Que faire des cellules-souches du cordon ombilical ? Cette question divise les professionnel-le-s de la naissance. L’une des options possibles, ce sont les banques publiques de sang de cordon : basées sur le don volontaire à la naissance, celles-ci mettent à disposition de qui en a besoin les échantillons nécessaires à soigner une maladie, typiquement la leucémie de l’enfant. Seul critère : la compatibilité.
D’un autre côté se développent des banques privées de sang de cordon : moyennant plusieurs milliers de francs, celles-ci stockent les cellules-souches récoltées à la naissance, à l’usage exclusif – et très hypothétique, d’où gaspillage probable ! – de la personne chez qui elles ont été prélevées. Seul critère : la rentabilité.
Car sur le plan thérapeutique, cette « épargne » individuelle n’a pas ou très peu de rendement : si l’enfant devait, par malheur (il y a un risque sur 20'000), développer une leucémie, la chimiothérapie puis, le cas échéant, la greffe de donneur externe – grâce, peut-être, à la banque publique ? – resteraient les meilleurs traitements. Quant aux autres juteuses promesses de soigner par les cellules-souches – de l’Alzheimer au Parkinson, en passant par les maladies cardiovasculaires – celles-ci ne sont, pour l’heure, que de pures hypothèses. Jouant de la crédulité des parents, l’objectif est donc commercial.
Problème, cette privatisation des ressources de santé va dans le sens d’une médecine à deux vitesses : qui délie les cordons – de sa bourse – aura accès aux soins reposant sur du sang de cordon, ombilical, cette fois. Tous les autres en seront privés.
Telle est la conclusion du comité d’éthique des HUG, qui recommande le partage des cellules-souches, seule solution conforme au principe de solidarité, essentiel en transplantation. Seule manière, aussi, de garantir la gratuité et la permanence offerte par une banque non soumise aux aléas commerciaux, tout en offrant la possibilité de bénéficier du sang de cordon de son propre enfant en cas de besoin.
A ce modèle altruiste, tout le monde gagne : les malades et leurs familles, bien sûr, mais aussi la collectivité dans son ensemble, qui se retrouve liée par un cordon supplémentaire de solidarité. Est-ce d’ailleurs vraiment un hasard si « cordon » contient le mot « don » ?




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