Chambre à part - Bas de laine ou pot commun (I) ?

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Le soleil brille pour tout le monde et, comme le chante Laurent Voulzy, il donne la même couleur aux gens. On ne peut en dire autant des ressources, réparties fort inégalement. Mes chroniques de l’été tourneront autour de cette question : comment se distribuent les richesses au sein de notre société ? Privilégie-t-on la prévoyance privée ou l’assurance collective ? Le bas de laine individuel ou le pot commun ? Premier essai de réponse, au lendemain de la session d’été des chambres fédérales.

 

 

Une session marquée par les rebondissements autour de l’accord avec les Etats-Unis concernant UBS, qui ont abouti à un énième sauvetage de la banque, sans aucune contrepartie : ni taxation des bonus, ni surveillance accrue des entreprises « trop grandes pour faire faillite ». Tandis qu’on n’est jamais trop « petit-e » pour casquer : témoin, le premier volet de la 6ème révision de l’AI – le plus « doux », qui prévoit de supprimer 12'500 rentes ! – a passé haut la main le cap du Conseil des Etats.

 

 

Pourtant, cette révision a tout d’une révolution : pour la première fois, elle s’attaque à des rentes acquises. Cette femme perdra la rente qu’elle touche depuis 14 ans en raison d’une fibromyalgie qui l’empêche encore et toujours de travailler. Ce père de famille invalide verra sa rente pour charge d’enfants diminuer, alors que ses enfants ont, eux, grandi et lui coûtent de plus en plus cher. Sans incitations réelles pour les employeurs et en substituant des impératifs financiers aux évaluations médicales, cette révision risque de vider de sa substance la mission de l’AI : protéger toute personne des risques économiques de l’invalidité à travers l’assurance solidaire, à laquelle tout le monde contribue.

 

 

Le message est clair : c’est chacune et chacun pour soi. Economise, je ne cotise pas ! Epargne – si tu peux – et épargne-moi de me soucier de toi ! Remplis ton bas de laine pour le cas où, un jour, tes jambes ne te porteraient plus ! Plus précisément – on est quand même en 2010 – ouvre un compte à UBS : cette banque est plus fiable que ta rente. En cas de soucis financiers, les pouvoirs publics la sauveront, mais mettront l’AI à la diète. Ce qui veut tout dire des priorités de la majorité politique de ce pays. Et si on les inversait ?

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Liliane Maury Pasquier et Maria Roth Bernasconi

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La chronique à quatre mains de Maria Roth-Bernasconi et Liliane Maury Pasquier

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L'interview de Liliane Maury Pasquier

 

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

 Margareth Thatcher.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

Christoph Blocher.

 

Le plus grand préjugé sur les femmes?

Qu’elles sont forcément moins compétentes que les hommes.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes?

Qu’ils sont forcément plus compétents que les femmes.

 

Devise préférée?

« Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous. » (Montesquieu)

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

Réparer mon vélo, anticiper, voir sans lunettes.

 

Vos prochaines vacances?

Une escapade à deux en France, après les élections.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

 A la Renaissance, au 16e siècle, pour retrouver le foisonnement créatif si bien rendu dans les livres d’Anne Cunéo (Le Trajet d’une rivière, Objets de splendeur, Un monde de mots).

 

Si vous étiez un objet?

Un livre (ouvert, bien sûr!).

 

Votre péché mignon?

Une bonne tablette de chocolat extra-noir avec des éclats de caramel salé.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir?

De bons yeux, tu sais (j'aurais aimé ne pas devoir porter des lunettes depuis l’âge de 4 ans!).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?

Martin Luther King, Simone de Beauvoir et Montaigne.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Passer une journée en pyjama.

 

Votre lecture en ce moment?

Divers quotidiens, hebdomadaires et autres rapports!

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre?

Parler l’espagnol, perfectionner mes danses bretonnes, cuisiner plein de nouvelles recettes.

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?

En Bretagne, à Montréal, en Suède.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous?

Votre voix au Conseil des Etats! 

 

 

L'interview de Maria Roth-Bernasconi

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

La femme de Kadhafi.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

Outre évidemment Kadhafi, Christophe Mörgeli, un affreux UDC suisse

 

Le plus grand préjugé sur les femmes? 

Qu’elles sont émotives plutôt que rationnelles.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes? 

Qu’ils sont forts et ont tous envie de faire carrière sans tenir compte de leur vie familiale.

 

Devise préférée? 

« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore » (Anatole France).

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

 Réparer des prises électriques, lire des documents et écouter de la musique en même temps, lire les plans de réseaux et les affichages des Transports publics genevois (c’est écrit beaucoup trop petit et j’ai une mauvais vue!).

 

Vos prochaines vacances?

 Le 24 octobre (lendemain des élections fédérales): mon mari m’invite quelques jours en Alsace.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

A la fin des années 1970, après 1971 (date du droit de vote et d’éligibilité des femmes en Suisse!). Les années peace and love...

 

Si vous étiez un objet? 

Une rose, avec ses épines (forcément, je suis socialiste !).

 

Votre péché mignon? 

Le chocolat.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir? 

Une voix fantastique (j’aime chanter et rêve de chanter l’Ave Maria de Schubert, qui me touche énormément).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils? 

Rosa Luxemburg, Gandhi et Martin Luther King.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Jouer au solitaire sur mon smartphone, dans le train, le bus ou le tram.

 

Votre lecture en ce moment?

La terre des mensonges, d’Anne B. Radge, un roman norvégien à l’humour grinçant.

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre? 

Ne plus du tout me laisser atteindre par les bêtises ou méchancetés d'un adversaire politique, dessiner des caricatures de mes collègues. Et chanter, chanter, chanter…

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter? 

En Provence, car il y fait beau, chaud et la lumière est magnifique. A Paris, l'une des plus belles villes du monde. Et à Lucerne, où vit le reste de ma famille.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous? 

Une femme heureuse de pouvoir faire ce qui la passionne, et entourée d'une famille qui l'aime en toute circonstance.