Loin des chambres d’enfants, c’est aux chambres fédérales que se joue, ces jours-ci, une partie de l’avenir de nos chères têtes blondes, brunes, rousses ou crépues. Et plus précisément au Conseil des Etats, appelé à se prononcer sur trois propositions qui, l’air de ne pas y faire, touchent aux fondamentaux de la politique familiale.
Acte un, la naissance, et la question du père. Une initiative du canton de Genève demandait la permission, pour les cantons qui le souhaitent, d’instaurer un congé paternité aux frais de l’assurance cantonale. Permission refusée, le 2 mars, par la majorité de la chambre haute. C’eut pourtant été un petit pas pour le plénum, mais un bond de géant pour la paternité : conscients que le lien père-enfant se tricote dès l’âge des brassières, les pères sont de plus en plus nombreux à vouloir s’impliquer vraiment dans leur famille nouvellement née.
Acte deux, non obligatoire et qu’on ne souhaite à personne, mais qui hélas surgit parfois : la maladie grave d’un enfant. Un reportage de Temps présent l’a rappelé en son temps (récent) : la Suisse a oublié les parents d’enfants gravement malades. Passé un congé de trois jours – tout juste bon pour une angine mais un peu court pour un cancer – les parents doivent « bricoler » pour concilier travail et présence auprès de leur(s) enfant(s). Au risque de voir s’ajouter aux sérieux soucis de santé de sérieux soucis financiers. A la suite d’une motion que j’ai déposée fin 2008, un postulat demande au Conseil fédéral d’examiner la possibilité d’introduire un congé rémunéré d’une durée suffisante pour les parents de ces enfants. Demande acceptée le 2 mars par le Conseil des Etats.
Acte trois, tout au long de l’enfance : les allocations familiales. Grands exclus de la loi fédérale entrée en force en 2009, les enfants des indépendant-e-s, qui ne donnent droit à aucune allocation. Certains enfants vaudraient-ils plus que d’autres ? Est-il normal qu’un directeur de banque salarié touche une allocation pour ses enfants, quand un modeste coiffeur indépendant en est privé ? Qu’un déménagement de Genève à Fribourg ampute le budget des familles concernées ? Et que certains indépendants salarient leur femme à 10% juste pour toucher l’allocation ? Non, non, non et non, raison pour laquelle une initiative parlementaire, soumise le 3 mars aux Etats, demandait de concrétiser jusqu’au bout le principe « un enfant = une allocation ». Car les enfants, TOUS les enfants, doivent pouvoir s’appuyer sur un même socle de base et grandir dans de bonnes conditions pour devenir, demain, des adultes épanoui-e-s et riches de potentialités. Cette initiative a malheureusement été refusée pour une voix et en l’absence du chef du groupe PDC, qui a pourtant inscrit cette revendication dans son programme ! C’est rageant même s’il y a encore une petite chance que le Conseil des Etats revienne sur sa décision d’ici quelques mois. Mais tous ces mois de perdus !
Riches, nous le sommes pourtant autant, si ce n’est plus, que les pays voisin, qui se montrent –presque – tous plus généreux dans ces trois domaines de base. En Suisse, la politique familiale reste le parent pauvre de la politique sociale… Parce que parents pauvres = enfants pauvres et que ce n’est pas admissible, développons les mesures en faveur des familles !




Publier un nouveau commentaire