Chambre à part – Des chiens et des enfants

pasquier bernasconi 480_35_0.jpg

© DR

Vous pensiez que tout opposait les enfants et les chiens ? Que les crottes et crocs des seconds indisposaient les premiers, voire pire dans certains cas tragiques ? Que les seconds remplaçaient avantageusement les premiers, se prêtant autant aux câlins et aux petits tricots maison, mais, eux au moins, acceptant la laisse et s’abstenant de répondre quand on leur parle ?

 

Et bien, figurez-vous que Nestor, Flore et Médor ont plus d’un point commun. Le premier, c’est qu’ils sont susceptibles de représenter un danger. Pour les molosses, c’est évident, et des cas graves ont d’ailleurs conduit les Genevois-es à bannir certaines races de chiens. Les enfants, eux, ne sont pas dangereux en soi, mais ils véhiculent un danger, un vrai danger de pauvreté. En Suisse, près d’une famille nombreuse ou monoparentale sur quatre l’a appris à ses dépens.

 

Partant, le Conseil des Etats a finalement suivi le Conseil national et décidé, cette session, d’entrer en matière sur un projet visant à octroyer, dans toute la Suisse, des allocations familiales pour les enfants d’indépendant-e-s. Une initiative parlementaire demandait en effet de concrétiser jusqu’au bout le principe « un enfant = une allocation » (lire chronique du 3 mars). La veille, le même Conseil adoptait une loi fédérale sur les chiens. Enfants et chiens, c’est là leur second point commun, ont désormais un destin fédéral : ce qui vaut pour les canins doit bien valoir pour les bambins, tous les bambins.

 

Cela dit, si cette harmonisation des allocations familiales se fait dans le bon sens, ce n’est pas le cas de celle des mesures sur les chiens. Le Conseil des Etats a en effet décidé de museler les cantons, en supprimant la possibilité d’édicter des dispositions plus sévères en matière de chiens dangereux, plus sévères qu’une loi fédérale qui manque pour le moins de mordant. Et ce, malgré les revendications d’un canton comme Genève, où les morsures annoncées ont pourtant diminué de moitié avec la nouvelle loi. Quand les cantons aboient, la caravane fédérale passe… La loi fédérale sur les allocations familiales évite quant à elle cet écueil puisqu’elle permet d’ores et déjà aux cantons qui le désirent d’aller plus loin, se contentant de fixer un minimum, dans lequel les indépendant-e-s doivent avoir leur place.

 

La leçon de ces déboires fédéralistes : le Parlement est prêt à abolir les distinctions entre enfants, mais il l’est beaucoup moins à en établir entre chiens. Pourtant, c’est une des – nombreuses –  différences qui subsiste entre enfants et chiens : contrairement aux seconds, les premiers ne se divisent pas en différentes espèces.

Publier un nouveau commentaire

Liliane Maury Pasquier et Maria Roth Bernasconi

© DR

La chronique à quatre mains de Maria Roth-Bernasconi et Liliane Maury Pasquier

Lire la suite

L'interview de Liliane Maury Pasquier

 

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

 Margareth Thatcher.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

Christoph Blocher.

 

Le plus grand préjugé sur les femmes?

Qu’elles sont forcément moins compétentes que les hommes.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes?

Qu’ils sont forcément plus compétents que les femmes.

 

Devise préférée?

« Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous. » (Montesquieu)

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

Réparer mon vélo, anticiper, voir sans lunettes.

 

Vos prochaines vacances?

Une escapade à deux en France, après les élections.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

 A la Renaissance, au 16e siècle, pour retrouver le foisonnement créatif si bien rendu dans les livres d’Anne Cunéo (Le Trajet d’une rivière, Objets de splendeur, Un monde de mots).

 

Si vous étiez un objet?

Un livre (ouvert, bien sûr!).

 

Votre péché mignon?

Une bonne tablette de chocolat extra-noir avec des éclats de caramel salé.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir?

De bons yeux, tu sais (j'aurais aimé ne pas devoir porter des lunettes depuis l’âge de 4 ans!).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?

Martin Luther King, Simone de Beauvoir et Montaigne.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Passer une journée en pyjama.

 

Votre lecture en ce moment?

Divers quotidiens, hebdomadaires et autres rapports!

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre?

Parler l’espagnol, perfectionner mes danses bretonnes, cuisiner plein de nouvelles recettes.

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?

En Bretagne, à Montréal, en Suède.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous?

Votre voix au Conseil des Etats! 

 

 

L'interview de Maria Roth-Bernasconi

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

La femme de Kadhafi.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

Outre évidemment Kadhafi, Christophe Mörgeli, un affreux UDC suisse

 

Le plus grand préjugé sur les femmes? 

Qu’elles sont émotives plutôt que rationnelles.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes? 

Qu’ils sont forts et ont tous envie de faire carrière sans tenir compte de leur vie familiale.

 

Devise préférée? 

« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore » (Anatole France).

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

 Réparer des prises électriques, lire des documents et écouter de la musique en même temps, lire les plans de réseaux et les affichages des Transports publics genevois (c’est écrit beaucoup trop petit et j’ai une mauvais vue!).

 

Vos prochaines vacances?

 Le 24 octobre (lendemain des élections fédérales): mon mari m’invite quelques jours en Alsace.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

A la fin des années 1970, après 1971 (date du droit de vote et d’éligibilité des femmes en Suisse!). Les années peace and love...

 

Si vous étiez un objet? 

Une rose, avec ses épines (forcément, je suis socialiste !).

 

Votre péché mignon? 

Le chocolat.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir? 

Une voix fantastique (j’aime chanter et rêve de chanter l’Ave Maria de Schubert, qui me touche énormément).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils? 

Rosa Luxemburg, Gandhi et Martin Luther King.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Jouer au solitaire sur mon smartphone, dans le train, le bus ou le tram.

 

Votre lecture en ce moment?

La terre des mensonges, d’Anne B. Radge, un roman norvégien à l’humour grinçant.

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre? 

Ne plus du tout me laisser atteindre par les bêtises ou méchancetés d'un adversaire politique, dessiner des caricatures de mes collègues. Et chanter, chanter, chanter…

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter? 

En Provence, car il y fait beau, chaud et la lumière est magnifique. A Paris, l'une des plus belles villes du monde. Et à Lucerne, où vit le reste de ma famille.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous? 

Une femme heureuse de pouvoir faire ce qui la passionne, et entourée d'une famille qui l'aime en toute circonstance.