Certains le peignent sur la muraille quand d’autres le tirent par la queue

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Décidément, le diable n’a pas la même consistance pour tout le monde. Pour certains –la majorité de droite, pour ne pas la nommer-, il est aussi fictif qu’une marionnette, bien pratique à brandir pour susciter la peur du peuple et justifier, du coup, le minage de nos acquis sociaux.

 

Minage, en pleine crise, des prestations de l’assurance chômage, qu’il s’agit certes d’assainir –son diabolique déficit est hélas une réalité-, mais quid des chômeurs, des chômeuses ? Seront-ils assainis, eux aussi, c’est-à-dire rendus plus sains, de corps comme d’esprit, grâce à la diminution de la durée de leurs indemnités ?

 

Même entreprise de destruction du côté des retraites, avec la révision en cours de l’AVS et le projet d’une nouvelle diminution des rentes du deuxième pilier. Nouvelle, car le taux de conversion -qui permet de calculer la rente LPP annuelle de chaque retraité-e- a déjà été revu à la baisse une première fois. Sur pression des assureurs, la majorité parlementaire a opté pour un abaissement supplémentaire à 6,4%. Conséquence : un capital de prévoyance de 100'000 francs, qui donnait droit à une rente annuelle de 7’200 francs, ne rapportera plus que 6'400 francs par an !

 

Tout ceci au nom d’arguments qui reviennent à peindre le diable sur la muraille : oui, l’espérance de vie a augmenté, mais le taux de conversion a déjà été abaissé en conséquence ! Et oui, le rendement du capital a faibli, mais il reste suffisant. Suffisant, en tout cas, pour garantir les bénéfices de ces « pauvres » assureurs : même en pleine crise financière, le montant des « indemnités » de Rolf Schäuble, patron de la Bâloise, est passé de 1,8 à 6,2 millions de francs…

 

Je vous invite donc à dire NON, le 7 mars, à ce projet injuste autant qu’injustifié !
Les vraies catastrophes, en revanche, en appellent à nos forces de proposition. Avec 2010, Caritas inaugure la décennie de lutte contre la pauvreté. Car dans notre Suisse si riche, une personne sur dix est pauvre… Parmi elles, des chômeurs, des chômeuses, des personnes âgées, mais aussi 260’000 enfants ! A cet égard, l’initiative cantonale pour doper les allocations familiales, lancée par le PS genevois et qui vient d’être déposée, représente un pas concret contre la précarité. Celles et ceux qui, au quotidien, très concrètement, tirent ce cher diable par la queue apprécieront. Vraiment.

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Liliane Maury Pasquier et Maria Roth Bernasconi

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La chronique à quatre mains de Maria Roth-Bernasconi et Liliane Maury Pasquier

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L'interview de Liliane Maury Pasquier

 

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

 Margareth Thatcher.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

Christoph Blocher.

 

Le plus grand préjugé sur les femmes?

Qu’elles sont forcément moins compétentes que les hommes.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes?

Qu’ils sont forcément plus compétents que les femmes.

 

Devise préférée?

« Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous. » (Montesquieu)

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

Réparer mon vélo, anticiper, voir sans lunettes.

 

Vos prochaines vacances?

Une escapade à deux en France, après les élections.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

 A la Renaissance, au 16e siècle, pour retrouver le foisonnement créatif si bien rendu dans les livres d’Anne Cunéo (Le Trajet d’une rivière, Objets de splendeur, Un monde de mots).

 

Si vous étiez un objet?

Un livre (ouvert, bien sûr!).

 

Votre péché mignon?

Une bonne tablette de chocolat extra-noir avec des éclats de caramel salé.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir?

De bons yeux, tu sais (j'aurais aimé ne pas devoir porter des lunettes depuis l’âge de 4 ans!).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?

Martin Luther King, Simone de Beauvoir et Montaigne.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Passer une journée en pyjama.

 

Votre lecture en ce moment?

Divers quotidiens, hebdomadaires et autres rapports!

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre?

Parler l’espagnol, perfectionner mes danses bretonnes, cuisiner plein de nouvelles recettes.

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?

En Bretagne, à Montréal, en Suède.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous?

Votre voix au Conseil des Etats! 

 

 

L'interview de Maria Roth-Bernasconi

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

La femme de Kadhafi.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

Outre évidemment Kadhafi, Christophe Mörgeli, un affreux UDC suisse

 

Le plus grand préjugé sur les femmes? 

Qu’elles sont émotives plutôt que rationnelles.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes? 

Qu’ils sont forts et ont tous envie de faire carrière sans tenir compte de leur vie familiale.

 

Devise préférée? 

« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore » (Anatole France).

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

 Réparer des prises électriques, lire des documents et écouter de la musique en même temps, lire les plans de réseaux et les affichages des Transports publics genevois (c’est écrit beaucoup trop petit et j’ai une mauvais vue!).

 

Vos prochaines vacances?

 Le 24 octobre (lendemain des élections fédérales): mon mari m’invite quelques jours en Alsace.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

A la fin des années 1970, après 1971 (date du droit de vote et d’éligibilité des femmes en Suisse!). Les années peace and love...

 

Si vous étiez un objet? 

Une rose, avec ses épines (forcément, je suis socialiste !).

 

Votre péché mignon? 

Le chocolat.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir? 

Une voix fantastique (j’aime chanter et rêve de chanter l’Ave Maria de Schubert, qui me touche énormément).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils? 

Rosa Luxemburg, Gandhi et Martin Luther King.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Jouer au solitaire sur mon smartphone, dans le train, le bus ou le tram.

 

Votre lecture en ce moment?

La terre des mensonges, d’Anne B. Radge, un roman norvégien à l’humour grinçant.

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre? 

Ne plus du tout me laisser atteindre par les bêtises ou méchancetés d'un adversaire politique, dessiner des caricatures de mes collègues. Et chanter, chanter, chanter…

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter? 

En Provence, car il y fait beau, chaud et la lumière est magnifique. A Paris, l'une des plus belles villes du monde. Et à Lucerne, où vit le reste de ma famille.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous? 

Une femme heureuse de pouvoir faire ce qui la passionne, et entourée d'une famille qui l'aime en toute circonstance.