Samuel (six ans) a, entre autres, des difficultés de motricité fine. La prise des repas est laborieuse. Il se lève de table, renverse son verre, mange avec les doigts. Afin d’exercer l’utilisation des services, il prend aujourd’hui son goûter en thérapie. Des p’tits pains au lait ! Je salive, m’extasie : « Mmmee, ça a l’air bon ! ». Gentleman (comme à son habitude), il me tend l’assiette, surplombée de morceaux à peine découpés : « Fais comme chez toi ! Sers-toi. ». Puis il chantonne : « Tiens, je pourrais même nous en préparer un deuxième. » et, appliqué, il continue sa tâche. Je lui propose un sirop qu’il accepte d’une fine politesse.
Un joli moment. Il est content. Moi aussi.
« T’es un amour, Samuel : tu partages, tu dis s’il te plaît, merci… T’es un amour. ». « Oh, mais tu sais, je partage pas avec tout le monde », rétorque-t-il. « Ah, non ! Pourquoi ? ». « Parce qu’il y a quand même bon nombre d’abrutis qui emmerdent le monde. », lance-t-il d’une petite voix douce et spontanée.
Samuel est le même petit garçon que dans « si un jour » et « ça, c’est lui qui choisit».




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