
Depuis toujours, Céline Fibrourg aime les livres et la photographie. Alors, elle décide de fabriquer des livres, avec des photos et des mots et un soin infini apporté à la qualité. Les livres de photographies sont aussi anciens que la photographie elle-même : Céline Fribourg, pour les revisiter, crée d’abord, en 1997, les éditions Coromandel, publie treize livres, dont la majorité figurent dans les collections des plus grands musées, puis, en 2006, les éditions Take 5.
En magicienne discrète, Céline Fribourg fait cohabiter dans ses livres singuliers le texte et l’image, puis les enfouit dans des boîtiers réalisés par les plus grands designers d’aujourd’hui, d’Ettore Sottsas et Ron Arad aux frères Bouroullec ou aux Radi Designers.
Le dernier livre des éditions Take 5 parle de résilience - celle du livre lui-même d’abord, cet objet fragile et fort, symbole fondamental d’humanité, toujours recréé. Celle de Beyrouth ensuite : ville résiliente par excellence, qui se reconstruit sans cesse sur ses propres « plaques tectoniques de chagrin », selon une expressionn de Wajdi Mouawad. Peut-être ce qu’il y a de plus beau : la puissance de la vie, plus forte que la destruction, plus forte que la disparition, plus forte que le chagrin. Un équilibre instable, mais qui penche toujours du côté de la vie.
Pour créer le boîtier de Beyrouth, la faiseuse de livres a demandé à Robert Stadler, qui s’est inspiré de cet équilibre instable, justement, qui caractérise la ville, de ces « plaques tectoniques de chagrin » dont parle Wajdi Mouawad : le boîtier se démonte, se défait, mais résiste. Il s’ouvre sur la vie et la sur-vie de la ville, photographiées par Gabriele Basilico en 1991, en 2003, et encore, tout exprès pour le livre, en 2008 – la sur-vie, racontée par Wajdi Mouawad, magnifique dramaturge, écrivain, homme de théâtre, auteur notamment de Seuls, qui se voit décerner en 2005 le Molière du meilleur auteur francophone vivant, prix qu’il refuse pour mieux rappeler aux directeurs de théâtre leur devoir de lecture de tous les manuscrits qui leur sont soumis.
A propos des photographies de Basilico, mais au-delà, à propos de ses propres écrits, Mouawad nous dit : « Ce ne sont pas des pièces qui traitent de la guerre, dit Mouawad, ce sont des pièces qui parlent de la tentative de rester humain dans un contexte inhumain. Je crois que les générations qui arrivent auront besoin de reconstruire en disant que l’on peut être responsable tout en restant dans le monde. »
Responsable, au coeur du monde, tel qu’il est, et tel aussi que nous le mettons en forme. Responsable, dans la réalité du monde, mais aussi dans cette autre réalité, consignée dans les livres. Take 5 (http://www.take5editions.com/) !
Reagissez à cette chronique!
La semaine dessinée de France
Découvrez-là à travers le questionnaire des Quotidiennes.
Chaque semaine, la surdouée du cyber coup de crayon croque l'actualité.
les chroniques
Etienne Dumont, journaliste
La petite acualité insolite féminine de la Planète
Fabienne Alfandari
Les comportements de la vie quotidienne au travail décortiqués par une coach ...
Stephanie Booth
Chroniques du monde connecté. Chaque lundi, un coup d'œil humaniste dans ...
Nicolas Poinsot
Un regard sur l'actualité de la culture et des écrans
دردشة
دردشة شامية كتابية
دردشة سعودية
دردشة عربية
دردشة كويتية
دردشة بحرينية
دردشة عراقية
دردشة يمنية
دردشة قطرية
دردشة اماراتية
دردشة مغربية
دردشة لبنانية
دردشة جزائرية
دردشة سورية
دردشة فلسطينية
دردشة مصرية
دردشة سودانية
دردشة
شات
دليل دردشةدردشة خليجية
منتديات
شات خليجي