Les femmes, des investisseurs «bons pères de famille» | Les Quotidiennes

19/11/2008 17:41
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Les femmes, des investisseurs «bons pères de famille»

FINANCE | 17:00  Plusieurs études récentes le montrent: l'écart entre la fortune possédée par les femmes et celle des hommes est en train de diminuer. Comment les femmes gèrent-elles l'argent? Trois expertes font le point sur les vraies et les fausses idées.






Sandra Weber | 28-09-2007 | 17:00

Cette semaine, la banque Merrill Lynch a présenté
une collection d'oeuvres

faites par des artistes femmes dans le monde. Car la banque avoue un intérêt clair pour un nouveau type de clientèle fortunée: les femmes. D'autres, comme le Crédit Suisse, organisent des séminaires ou conférences adressées à aux femmes. Dont l'intérêt pour la finance est croissant.


Plusieurs études récentes le montrent: l'écart entre la fortune possédée par les femmes et celle des hommes est en train de diminuer. Le nombre de femmes possédant plus de 350?000 Euro à investir a même dépassé celui des hommes en Finlande. Comment les femmes gèrent-elles l'argent? Trois expertes font le point sur les vraies et les fausses idées.

 


Les fortunes des femmes proviennent d'héritage. FAUX.
80% des nouvelles fortunes des femmes proviennent de leurs propres gains, selon Michelle D'Ancona, directrice de Merrill Lynch Europe. Au Crédit Suisse, Danièle Felley, responsable d'équipe dans le secteur private banking, observe que la fortune de ses clientes – qui peut varier de 250?000 francs à plusieurs millions de francs – est le plus souvent le résultat de leur travail, notamment dans la tranche d'âge comprise entre 40 et 60 ans. Au-delà, les dépôts sont fréquemment le fruit d'un héritage. A noter que 25% de sa clientèle est féminine, part en augmentation constante.

 


Les femmes n'y connaissent rien aux placements. FAUX.
«Les femmes savent exactement ce qu'elles veulent, indique Danièle Felley. Elles se sont déjà renseignées sur les placements intéressants ou sur les nouveaux produits. Elles sont très précises, n'oublient jamais de prendre connaissance de leur courrier, alors que les hommes sont parfois moins conséquents.» En finance, elles ont un comportement moins émotionnel que les hommes, selon Michelle d'Ancona.

 


Les femmes sont plus prudentes avec leur argent. VRAI.
«Mes clientes investissent surtout dans des valeurs sûres et sur le marché suisse, dans un environnement sécurisant qu'elles connaissent bien, constate Danièle Felley. Les hommes en revanche sont prêts à prendre davantage de risques, par ouï-dire, sur des valeurs ou dans des pays émergents.» Elles ont un comportement de «bon père de famille», selon Michelle D'Ancona. Une tendance confirmée par une étude récente de la Barclays Wealth. Il y a par ailleurs plus de femmes parmi les investisseurs s'intéressant aux placements «éthiques».

 


Les femmes se font conseiller par leur mari. FAUX.
Ce sont plutôt les hommes qui lancent un coup de fil à leur femme avant de prendre une décision d'investissement, selon Danièle Felley, du Crédit Suisse.

 


Hommes et femmes n'ont pas le même rapport à l'argent. VRAI
L'argent est une valeur forte pour les hommes et les femmes, mais les représentations diffèrent selon le sexe. Selon l'écrivaine Marie-Claude François-Laugier, auteure du livre à succès L'argent dans le couple et la famille, pour les femmes en général, l'argent représente d'abord la sécurité. Ensuite l'autonomie, la liberté. Puis le plaisir de dépenser et de savoir gérer un budget au quotidien. Pour les hommes, et une minorité de femmes, l'argent signifie plutôt la réussite et le pouvoir, la puissance et la performance.

 


L'argent, un tabou pour les femmes aussi. VRAI.
L'argent est beaucoup plus tabou que le sexe, du moins dans les pays occidentaux, aujourd'hui encore, héritage judéo-chrétien oblige. Mais les femmes trentenaires, autonomes financièrement, sont plus à l'aise avec l'argent que leurs aînées. Elles ont tendance à afficher plus facilement leur réussite.

 


Salaires: les femmes se sous-évaluent. VRAI.
Les femmes ont encore du mal à estimer leur valeur sur le marché du travail et à négocier leur salaire. Les conseils de Marie-Claude François-Laugier: Ne pas se mettre dans une situation de demande. S'informer sur les niveaux de salaires, sa propre valeur. Demander une augmentation en mettant en avant ses performances et jamais les besoins relatifs à sa vie privée (enfants à charge).


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