Archi-rêve et frigidaires | Les Quotidiennes

06/01/2009 05:05
Imprimez Envoyez Commentez cet article

Archi-rêve et frigidaires

CHRONIQUE | 16:46  Construire et rêver le monde dans lequel nous habiterons demain: quoi de plus beau? Barbara Polla nous offre un cinquième volet à sa chronique architecturale.




Barbara Polla est médecin et galeriste.


Barbara Polla | 18-09-2008 | 16:46

Voilà longtemps que je n’avais pas parlé d’architecture, ma plus récente passion… Heureusement, la Biennale de Venise m’offre de nouvelles opportunités.

 

Certains s’extasient à propos du pavillon suisse, la Suisse et la Suissitude, et glorifient, au profit de groupes d’architectes, l’absence la plus suisse qui soit: celle d’un monstre sacré. Oui la Suisse, bien sûr: qualité, technicité, mise en commun, force. Mais surtout, aucune tête qui ne dépasse. Et tant pis pour la folie, la fantaisie, la foi créative, l’espace, le rêve. Nous avons Picard, cela suffit. Il n’est pas architecte, hélas.

 


Poésie ou information?

Le pavillon japonais, à Venise, est juste à côté du pavillon suisse. Aussi aérien et léger que le nôtre est labyrintique. Le pavillon suisse recèle de l’information, le japonais de la poésie. Le contraste est saisissant. Quand on arrive au pavillon japonais, on découvre d’abord des jardins, sous cloche, magiques: toute la légèreté de l’empire du Soleil levant. Puis, une immense pièce, blanche et rayonnante.

 

 

Et le rêve, là, sur les murs, dessiné au crayon, à main levée, sur les murs blancs, les arbres, les fleurs, les étangs, les immeubles, les plus hauts des arbres effleurant les sommets des gratte-ciels.

 

De petites chambres à coucher dans un champ, des salles de bains dans un jardin (moi aussi, je veux ma baignoire, au milieu du jardin !), une ville faites de vallées aux dimensions variables, une autre conçue de montagnes et d’immeubles aux dimensions équivalentes.

 

Nature extrême, espaces ambigus, constellations, botanique: le projet japonais pour la biennale de Venise inséparablement lie le botaniste Hideaki Ohba, et l’architecte Junya Ishigami. La plus belle manière d’être écologiquement, non pas correct, mais merveilleux.

 

La sociologie des frigos

En face, la Tchécoslovaquie nous accueille dans ses frigos. Qu’y a-t-il dans le frigidaire de mes amis, dans ceux de leurs amis, des amis de leurs amis ? Toute une sociologie qui met en exergue le fait que des espaces similaires, dans des environnements différents, prennent une tout autre configuration de par leur contenu même. Un contenu socialement déterminé : les espaces-frigidaires des étudiants, ceux des personnes âgées, nous parlent de la vie de groupes spécifiques.

 

Il fait beau et chaud à Venise, et les remous financiers, entre les plongeons de New York entraînant derrière eux Paris et le Londres et les extases dans ce même Londres autour de la vente des œuvres Damien Hirst, semblent loin des Giardini. Ici on regarde, on construit et on rêve le monde que nous habiterons demain.


Reagissez à cette chronique!

Imprimez Envoyez Commentez cet article




Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter des Quotidiennes en envoyant "OUI" à lesquotidiennes@edipresse.ch

Nuage de tags

Actu TDG

Vaud 24heures

News Femina