Affranchie

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Piscine. Soleil. Lecture. Le monde lui appartient. En cet après-midi de juillet, sur sa serviette de bain, le temps, complice d’une délicieuse paresse, semble oublier sa course effrénée. Un plaisir simple que de s’arrêter dans la vie sans rien demander de meilleur, sans imaginer quelque chose de mieux. Accepter. Apprécier tout autour de soi. Les enfants qui crient, les fourmis qui bossent, l’eau qui gicle, les ballons qui jaillissent, les femmes qui jacassent. S’indifférer. Se balancer éperdument du vieux vicieux qui la mâte. S’abandonner à cette légère brise qui caresse sa peau, exister dans cet abandon. Aimer sa condition de femme célibataire, assumée et affranchie. En sourire. Se sentir invincible. Jusqu’à ce que ses mains essaient, en vain, d’étaler de la crème solaire dans ce petit carré inatteignable localisé entre ses deux omoplates. Là, elle se sent seule. Seule au monde. Fragile. Vulnérable. Même le vieux vicieux ne la regarde plus. A se désarticuler de la sorte, elle doit vraiment avoir l’air pitoyable. Sans compter la soudaine moue qui s’est scotchée sur son visage.

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