Accéder au Conseil fédéral? Au jeu du pouvoir, le poker remplacerait-il le jass?

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Jusqu’à peu, l’élection au Conseil fédéral ressemblait à s’y méprendre à une bonne partie de notre jass national. Les cartes étaient distribuées, l’atout était choisi selon les cartes reçues, un petit coup de manigance pour les plus futés qui se fendaient le cœur quand par malheur ils devaient passer et le tour était joué.

 

Les cartes maîtresses du jass : Le buur : Appartenir au bon parti, celui du sortant. Le nell: Etre ressortissant de la bonne région linguistique. L’as : Habiter un canton différent de celui des autres membres du Conseil fédéral. Le Roi : Etre un homme.

 

Passe : Le candidat a le droit de passer, de s’appuyer sur son partenaire (en lui faisant plus ou moins de signes indicatifs pour gagner le jeu tant qu’il ne se fait pas attraper).

 

Mais que se passe-t-il donc ? Le jass n’intéresse-t-il plus nos candidats et nos partis ? Il semblerait que l’on veuille tout à coup pouvoir changer de carte comme au poker ?

 

Le bon parti : Et si on changeait et que les petits partis remplaçaient les partis traditionnels ?
La bonne région : Quelque chose me dit que nous risquons bien d’y perdre notre latin.
Le bon canton : Un déménagement, c’est comme un coup-de-fil c’est si facile !
Etre un homme : Incroyable, les dames prendraient l’avantage sur les rois !

 

On ne passe plus, on bluff : Finies les petites allusions en regardant par la fenêtre ou en se grattant la tête, les petits soupirs et les signes convenus d’avance. Maîtrise : pas un signe des états d’âme des grands manipulateurs des hauts lieux du pouvoir ne transpire, les observateurs ont perdu leurs repères, on a passé à l’heure du bluff.

 

Souvenez-vous : Eveline Widmer-Schlumpf : la carte échangée au dernier moment, dame de fer contre roi de l’industrie et tout cela à la plus grande surprise du peuple suisse qui ignorait encore que le jeu avait changé.

 

Impossible de savoir aujourd’hui qui participe à la grande partie de poker qui est en train de s’organiser dans les tripots de Berne. Une chose est sûre, le jass n’a plus la cote !

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