L’égalité entre femmes et hommes ? On croyait l’affaire dans le sac. Au fond du sac, même : tel un vieux kleenex usagé, cette revendication féministe semblait tout juste bonne à jeter. Cent ans que, chaque 8 mars, on célèbre les femmes : l’idée a forcément fait son chemin, que les radoteuses se taisent !
Malheureusement, pas du tout. Autour de ce 8 mars-ci, que peut-on observer en Suisse ? L’inégalité salariale entre hommes et femmes se creuse, l’initiative de l’UDC pour les familles renvoie les épouses aux fourneaux et une autre s’attaque au droit à l’avortement. Quand l’économie décline, le conservatisme triomphe ! Même quand il est pris, la main dans le sac, en flagrant délit de violation du mandat constitutionnel et de la loi sur l’égalité.
Si je vide ici mon sac, c’est pour inciter à l’action. Action contre l’inégalité salariale, en exigeant des moyens d’investigation et d’intervention contre ce qui constitue un vrai dumping. Sans oublier l’Equal Pay Day, ce 11 mars, date à laquelle une femme reçoit, en ayant travaillé 19.3% de plus, la somme touchée par un homme au 31 décembre précédent. Ce jour-là, pour rendre visibles et dénoncer ces inégalités, sortons équipée-e-s d’un sac rouge ! Rouge comme le déficit des femmes et de toute l’économie suisse.
Rouge aussi comme la honte que m’inspire le renvoi des femmes au foyer. C’est vrai que celles-ci gagnent moins (c’est le serpent qui se mord la queue) et que, faute de volonté politique de la majorité de droite, concilier travail et famille tient de la quadrature du cercle. Surtout, comme le rappelle Elisabeth Badinter, qu’il s’agit aujourd’hui d’être des mères plus que parfaites. Pourtant, à l’heure où un mariage sur deux se solde par un divorce, qui reste aux fourneaux risque bel et bien, un jour ou l’autre, de rester… sur le carreau.
Un cul de sac pour les femmes, une impasse pour la société. Comme d’ailleurs la menace qui pèse sur le remboursement de l’avortement. Pour le confort éthique des adversaires de l’IVG et pour le bien-être des femmes -qu’avorter amuse rarement-, n’est-il pas autrement judicieux de favoriser l’accès à la contraception ? C’est le sens d’une question que ma collègue Doris Stump a posée ce 8 mars au Conseil national. Le Conseil national qui a traité, cette session, de la 11ème révision bis de l’AVS. Le projet retourne au Conseil des Etats, avec une certitude : les Chambres décideront de relever l’âge de la retraite des femmes à 65 ans. Quand il s’agit d’aller à l’envers, l’égalité marche fort, et vite !
Mais nous avons plus d’un tour dans notre sac et n’attendrons pas 900 ans que l’égalité se réalise dans le bon sens. A nos sacs rouges et nos combats !




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