A Montauban, les anges ont un sexe. Il est féminin.

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La légende (mais en est-ce une?) veut que les Byzantins discutassent du sexe des anges en 1453, alors que les armées ottomanes s’emparaient de leur capitale. Il faut dire que, depuis mille ans, les querelles théologiques passionnaient autant les Grecs d’Orient que ne peuvent le faire en 2009 les téléréalités. Avec des suites tout ce qu’il y a de plus concrètes. Si les Français ne se sont pas entre-tués pour «Le Loft» ou «L’Ile de la tentation» («vote pour Loana, ou je te bute»), les Byzantins se sont massacrés pour (ou contre) l’humanité du Christ et l’importance des icônes.

 

Tout cela est-il du passé? Pas vraiment. Capitale du rugby, Montauban connaît aujourd’hui un nouveau débat sur le sexe des anges. Qui en est la cause? Ingres. Entendons-nous. Le cher homme lui-même ne porte aucune responsabilité. Il s’agit juste de l’exposition «Ingres et les modernes», qui rend aujourd’hui hommage au maître dans sa ville natale (1). Plus de 200 œuvres illustrent sa surprenante postérité.

 

C’est là que nous arrivons aux anges. En 1824, Ingres avait peint pour «sa» cathédrale «Le vœu de Louis XIII», un énorme tableau où la Vierge est découverte au public par deux mammifères volants, qui entrouvrent un rideau. A son habitude, l’artiste avait commencé par les dessiner nus. Pour lui, la vérité se situait au départ à poil. La princesse de Broglie, la comtesse d’Haussonville, la baronne de Rothschild (née Rothschild, puisqu’elle avait épousé son oncle) auraient ainsi été bien surprises de se retrouver sans rien sur le dos sous le crayon de leur portraitiste favori. Mais c’était comme ça.

 

Afin de payer son tribut à Ingres, Ernest Pignon-Ernest a donc repris les esquisses, qu’il a démesurément agrandies. Puis il a collé ses variations sur la façade de la cathédrale de Montauban. La population a donc pu voir de ses yeux ce que les Byzantins imaginaient dans leur tête. Les anges sont définitivement féminins. Vu leurs jambes écartées, la chose ne fait aucun doute.

 

Les jeunes traditionalistes (c’est le nom qu’on donne aux extrémistes) ont mal pris la chose. Luttant contre «l’impudeur», ces catholiques d’une vingtaine d’années ont commencé par téléphoner à l’Evêché, qui les a envoyés paître. Comme Ponce-Pilate, l’évêque s’en lavait les mains. «Si je suis responsable de l’intérieur de l’église, les murs appartiennent à la Mairie.» Cette dernière a joué les grandes muettes. Il fallait faire quelque chose.

 

Armés de manche à balai, sur lesquels ils avaient scotché des feuilles blanches destinées à masquer les vulves protubérantes, nos jeunes ont donc passé à l’attaque nocturne. Tout s’est bien passé avec l’angelot de gauche. Pas avec celui de droite. La police, qui passait par là, a intercepté le commando. Ce petit monde a fini au poste.

 

Il a pu voir deux jours plus tard que l’opération n’aboutissait pas comme prévu. Les journaux locaux faisaient leurs choux gras de l’affaire. Les passants, qui n’avaient peut-être pas remarqué les anges, ne regardaient plus qu’eux. Bref, l’intégrisme se retrouvait, lui, dans les choux. Espérons au moins que ce ne sont pas ceux où naissent les enfants.
(1) Musée Ingres, Montauban, jusqu’au 4 octobre. Excellent catalogue.

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Etienne Dumont

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La petite chronique féminine insolite de la Planète.

Etienne Dumont est une sorte d'encylopédie. Tout l'intéresse. Toutes les formes de cultures, peintures, théâtres, littératures, histoires sans oublier les potins qui chahutent la planète. C'est un journaliste, il travaille à la Tribune de Gnève, et un conteur d'histoires. Il est en vérité le chouchou des Quotidiennes. Et son look? Une oeuvre d'art.

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Une femme politique genevoise
 
Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
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Le plus grand préjugé sur les femmes?
Parler «des femmes». Comme si toutes se ressemblaient. Elles ne sortent pourtant pas du même moule, comme les lapins en chocolat ou les filles des séries TV américaines.
 
Le plus grand préjugé sur les hommes?
De croire qu’ils existent
 
Devise préférée?
«Il n’y a pas de mal à se faire du bien»
 
Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?
Je ne sais en fait pratiquement rien faire, ou plutôt je ne sais rien faire de pratique. Autant dire que je me considère comme très handicapé.

Vos prochaines vacances?
Je n’aime pas l’idée de vacances, mais j’adore partir.
 
Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand?
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L’ubiquité Mais est-ce déjà naturel en 2010?
 
Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?
Hitler, Staline et Napoléon. Je m’excuse à la dernière minute. La bombe est sous la table.


Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…
Ne rien faire
 
Votre lecture en ce moment?
Avec trois ou quatre livres par semaine, il n’y a pas de moment, mais des instants.
 
Trois choses que vous aimeriez apprendre?
L’italien, mais bien. Les claquettes, mais c’est un peu tard. Le hacking électronique, mais ce sera dans une autre vie.

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?
Mais je n’aime pas Genève! Je pourrais vivre à Paris, Londres et Venise avec un abonnement général de train et d’avion pour passer de l’une à l’autre.
 
Qu’est-ce que la vie a fait de vous?
Un demi-vieillard! A 62 ans…