Quatre francs cinquante pour Angelina
J’aime traîner dans les kiosques. Ceux qui classent les magazines de cul sous « presse masculine » et les journaux people sous « presse féminine ». Justement, je suis dans mon rayon. Angelina Jolie me regarde quatre ou cinq fois, grands yeux fixes, visage pâle, bouche débordante et port de tête royal. Le courage de l’actrice me fascine. Son texte, « My medical choice », qu’elle a fait paraître dans le New York Times pour expliquer sa double masectomie préventive me tourmente. Avec l’aveu de son opération des seins, elle a consciemment mis en danger l’image de l’icône sexy. Je me demande comment réagissent son manager, son assureur, les réalisateurs qui l’admirent, tout ce petit monde hollywoodien qui n’a toujours voulu que son bien.
Le courage d’Angelina sous le bras, je fais la queue pour payer. Derrière le comptoir botoxé de chocolats et de grilles de loto, deux vendeuses, la cinquantaine. Le gosse de devant arrive à peine à leur tendre son paquet de chewing gum.
- C’est les quinze premiers jours du traitement qui sont pénibles. Cinquante centimes s’il te plaît.
- Oui il me dit même trois semaines. Au revoir merci.
- Enfin de toute façon c’est ça ou ça, t’as pas le choix. Vous voulez un cornet ?
- Je ne sais même pas à quoi je dois m’attendre.
- C’est un mauvais moment à passer, mais il faut y passer. En même temps c’est facile de dire ça quand on n’y est pas, tu me diras.
- J’aimerais être une année plus vieille, si tu savais. Bonne journée bon week-end à vous aussi.
Elles tipent, c’est ce qu’on leur demande. Elles ne font pas la Une de VSD. Et Paris Match, c’est quatre cinquante. Mon Angelina et sa masectomie passent entre leurs mains indifférentes de la même manière, machinale, que la dernière cylindrée de Moto Journal. Je parie qu’elles ne vont même pas jeter un coup d’œil à l’article. Angelina, c’est du boulot. Pourtant la vendeuse de gauche, elle aussi, subira « l’opération du courage pour échapper au cancer et voir grandir ses enfants ». Elle aussi, a une « fureur de vivre », et on espère que son mari, s’il est toujours là, la jugera « héroïque » aujourd’hui et aussi dans quelques mois. La différence, c’est que le sacrifice de son sein, même s’il n’y en aura qu’un, ne se racontera pas. Sauf peut-être à celle de la caisse d’à côté. Quand elle reviendra bosser. Quand le plus dure sera passé.
-
Viande or not to viande ?
Il y a 15 ans, j'ai choisi de ne consommer que la chair des animaux que j'étais capable de tuer moi-même. Il me semblait complètement hypocrite de laisser faire le sale boulot aux autres sans me soucier de la chaîne qui a permis au steak d'arriver dans mon assiette. De ce fait, j'ai arrêter de manger de la viande. Depuis ce moment, je me sens beaucoup plus en harmonie avec moi-même et je me nourris beaucoup mieux car je suis à l'écoute de mes besoins. Je ne demande pas d'aller aussi loin à tout le monde, par contre nous devons baisser notre consommation de viande car sa production génère ... Plus
-
L'abominable Fête des Mères
Tout d’abord, deux de mes quatre filles me l’ont souhaitée de la plus belle des manières, cette Fête : de manière personnelle, tendre et complice. Et les deux autres ont délicieusement oublié, et je leur suis tout autant reconnaissante - alors de quoi je me plains ! Je me plains haut et fort de l’image que donnent des mères cette fête et les cadeaux qui sont recommandées pour les fameuses “Mamans” . Même Amazone, qui me propose presque chaque jour des livres intéressants, aura donné dans le débile. Vous avez le choix entre Maman Fashion (pour elle “Ma to do liste Dressing”), Maman ... Plus
-
C'est pour la bonne cause! La reine rencontre des nains de jardin
High ans low. Il y a le bon goût aristocratique et les vilaines préférences populaires. Celles-ci gagnent chaque année du terrain. Il y a longtemps que les idées remontent de la rue au lieu d'y descendre progressivement. Il suffit de penser à la mode. Dans le domaine du jardinage, rien n'a ainsi plus mauvaises réputations que les nains. Je sais. Je viens là de prononcer un mot obscène. Les nains ont disparu, par la magie du langage, de la scène publique. Il n'existe plus que de «petites personnes» ou, mieux encore, des gens «à verticalité contrariée». Je n'invente rien. Hélas. Des ... Plus
-
Le syndrome de la reine des abeilles est-il un mythe?
Le syndrome de la reine des abeilles? et oui, le mieux connu "Queen Bee Syndrome" est le syndrome selon lequel une femme arrivée au pouvoir n'aide pas ses collègues et subalternes féminines, et essaie même plutôt de les écraser. On pensait que les femmes se soutenaient entre elles, compte tenu du parcours du combattant qu'il faut pour arriver à gravir les échelons professionnels et s'imposer comme femme dans un monde de dirigeants encore en mains majoritairement masculines, et bien selon de nombreuses études, ce n'est pas du tout le cas.En 1970, des chercheurs américains de l'Université du ... Plus
-
Le cul, un bien de consommation comme un autre ?
Un anthropologue extraterrestre qui arriverait sur notre jolie planète bleue se poserait immanquablement la question de notre adoration au « cul ». Un dieu ? Un dictateur ? Une idée ? Analysons la situation. Par cul, il faut comprendre le cul en tant qu’objet, cette partie de l’anatomie humaine qui se cache en général sous un pantalon ou une jupe. Par cul, il faut également comprendre l’activité sexuelle liée à l’accouplement, non concomitant à la procréation, entre deux êtres, parfois du même sexe, parfois de sexe opposé. Et par cul, il faut encore comprendre tous ... Plus
3 commentaires
-
La Méditerranée, ce cimetière marin
« Un jour, la montagne des corps entassés au fond de la mer s’élèvera si haut que le sommet émergera hors de vagues comme une nouvelle terre, et ce pont de crânes et de tibias fera le lien entre les continents. (…) Alors seulement cette folie cruelle cessera, cette folie où des gens innombrables qui fuient pour leur vie sont contraints de s’enterrer dans des sous-sols et d’être les hommes des cavernes de l’ère nouvelle ». Tel est l’appel d’une réfugiée africaine, retranscrit par Hennig Mankell dans son roman « Tea Bag ». [i] On estime à 1500 chaque année le ... Plus
-
Naoëlle, dans les coulisses du sexisme.
Vous qui n'avez pas la télévision, mais une vraie vie, je vous encourage d'autant plus à lire cette chronique. L'air de rien, la téléréalité est en train de façonner nos vies, la vôtre aussi. En mettant tout sur le dos de ses candidates et candidats, qui sont, forcément, plus vrais que nature (vu que non acteurs), elle brouille notre disernement pour mieux façonner notre jugement. Prennez garde.Naoëlle a gagné Top Chef...Ciel, me voilà qui vous entend soupirer. Cette victoire vous a semblée usurpée, la dame vous a tant agacée. Pas réglo, trop émotive, trop Palace, avec sa nunuche de fleur ... Plus
-
L'emploi - un problème global
Peut-on concevoir une société ou la moitié des jeunes sont sans emploi ? A vrai dire, même un dix pourcent semble bien trop élévé. La conséquence de cette oisiveté forcée s’exprime souvent par la violence; les banlieues des grandes villes françaises en sont malheureusement un exemple parlant. L’idée émise par certains politiciens d’assurer un revenu minimum à chacun ne va pas résoudre le problème. Pour inciter une personne à travailler, il faut un écart suffisant entre un minimum garanti et un salaire contre le travail fourni. Ceux qui ne toucheront que le minimum vital ne pourront de ... Plus
-
Newsletter
Inscrivez-vous à la newsletter
Les plus lues
-
Elle trouve un tigre aux toilettes. Et encore quoi!
2 commentaires
-
Le plein emploi, une chimère?
2 commentaires
-
Dans ma culotte
-
Le cul, un bien de consommation comme un autre ?
3 commentaires
-
Suppression du double nom : retour aux années cinquante !
1 commentaire
Les plus commentées
-
Eoliennes en Grande-Bretagne
8 commentaires
-
Le cul, un bien de consommation comme un autre ?
3 commentaires
-
Elle trouve un tigre aux toilettes. Et encore quoi!
2 commentaires
-
Le plein emploi, une chimère?
2 commentaires
-
Pensées brouillonnes
2 commentaires
Les chroniqueuses


























